Qui a fait les obélisques ? Où cela a-t-il été possible ? Avec quels moyens du bord ?
La réponse est donnée par Michel Minor, spécialiste des carrières et des transports de colis lourds dans son livre : « Les carrières de granite rouge d’Assouan, de l’extraction à la finition des obélisques ».
Mais tout d’abord, qui est Michel Minor ? Juriste de formation, puis gestionnaire d'entreprises, Michel Minor a mené des missions d'expertise et de conseil dans des carrières de granite, de marbre et de schiste. Granit ou granite ? (La graphie granit est celle de la langue courante ; la langue technique de la géologie retient la graphie granite). Il est aussi un fin connaisseur des Phéniciens en Bretagne.
Son travail l'a fait beaucoup voyager : Norvège, Thaïlande, Portugal, Kenya... Ses connaissances en matière d'exploitation de carrière sont encyclopédiques.
Un de ses derniers travaux d’expertise est le transport d’un gros bloc de la carrière du Tarn dans les jardins du Musée d’Histoire Naturelle de Londres. Ce monument a été inauguré par le Prince Charles.
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| Gravure de Giuseppe Vasi - 1752 |
Le transport et l'érection initiale de cet obélisque seront évoqués dans un prochain article.
C'est Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, en signe de bonne entente qui, avec l'accord du baron Taylor puis de Jean-François Champollion, offre à Charles X et la France au début de 1830 les deux obélisques érigés devant le temple de Louxor, mais seul celui de droite (en regardant le temple) a été transporté vers la France.
En échange de l'obélisque, Louis-Philippe Ier offre en 1845 une horloge en cuivre qui orne aujourd'hui la citadelle du Caire, mais qui, pour l'anecdote, ne fonctionna jamais, du moins aux dires des Cairotes, ayant été probablement endommagée lors de la livraison.
Quand le bloc est supposé d'un seul tenant, on creuse de part et d'autre des tranchées dans le granite :
Les qualités abrasives de l'émeri dépendent du pourcentage de corindon de dureté 9 dans l'échelle de Mohs, bien supérieure à la dureté du granite. Le minerai est broyé, puis chauffé pendant 2 jours, et refroidi brusquement en y versant de l'eau. On termine par un broyage mécanique pour obtenir des micrograins.
Par la suite, une centaine d'années plus tard, le Pharaon Ramsès II a fait réaliser le plus grand nombre d'obélisques, dont l'un d'entre eux se trouve donc à Paris. La qualité de sa gravure est exceptionnelle. A-t-on aussi utilisé du fer, qui avait été découvert par les Hittites ? Mais ce fer était-il suffisamment dur pour travailler le granite ?
Le livre se termine par la liste des obélisques datés, localisés aussi bien en Égypte qu'à l'étranger, avec leur longueur et leur poids.
Le plus lourd est resté en carrière, avec un poids de 1 168 tonnes !












