AL KHWARIZMI

 


Création le 4 février 2020

On reste étonné de la cordialité des relations entre personnes de valeur, de toutes confessions, au début de l’expansion de l’Islam. En voici un bon exemple : 

Le califat abbasside est un califat sunnite qui a gouverné le monde musulman de 750 à 1258. La dynastie des Abbassides a été fondée par As-Saffah, issu d'un oncle de Mahomet, Al-Abbâs.


Le calife al-Mamum (celui en qui on a confiance) qui a régné sur l'empire a encouragé les sciences et les arts. Il a créé le premier observatoire permanent au monde, il a fondé une Maison de la Sagesse où al-Khwarizmi et d'autres ont traduit des textes scientifiques et philosophiques grecs, et étudié, à partir de ceux-ci, astronomie, algèbre et géométrie.

Messager d'Al Mamun à l'Empereur Théophile
L'Empereur byzantin Théophile
 Le règne d'Al-Ma'mûn a été une grande réussite sur le plan culturel. Le Calife s'est particulièrement intéressé au travail des savants, surtout de ceux qui connaissaient le grec. Il avait réuni à Bagdad des savants de toutes les croyances, qu'il traitait magnifiquement et avec la plus complète tolérance. Il a fait venir de Byzance des manuscrits ; il a posé comme condition de paix avec l'empire byzantin la remise d'une copie de "l'Almageste".  
Ptolémée

 L’Almageste - arabisation du grec ancien Μεγίστη / mégistè signifiant "la plus grande ou la très grande" - est une œuvre de Claude Ptolémée datant du IIe siècle. Elle constitue la somme des connaissances les plus avancées de l'Antiquité en mathématiques et en astronomie.
 

*********************

Mohammed ibn Musa al-Khwarizmi est le premier des mathématiciens orientaux, et sans doute le plus connu. Né vers 780 à Khiva en Ouzbékistan, il a vécu à Bagdad du temps de la splendeur de la dynastie abbasside.
 

Le premier mérite d'al-Khwarizmi est d'avoir été un formidable passeur de connaissance. Il introduit dans son aire culturelle les connaissances mathématiques indiennes, notamment le système décimal de numération. La traduction latine de son ouvrage Algorithmi de numero indorum permit la transmission de ces connaissances jusque dans l'Occident du XIIè siècle. Al-Khwarizmi est aussi un des pionniers de l'algèbre. 

Kitab al Mukhtasar al Muqabalah
Dans son traité, Kitab al jabr w'al muqabalah, il traite de façon systématique les équations du second degré. En utilisant l'al jabr, littéralement la remise en place, il transforme une soustraction dans un membre en une addition dans l'autre membre, tandis qu'al muqabalah, littéralement "le balancement", revient à supprimer dans les deux membres l'addition d'un même terme. Il ramène ainsi toutes les équations du second degré à six équations qu'il sait résoudre. Dans la plus pure tradition euclidienne, il complète ces méthodes algébriques par des résolutions géométriques. C'est le terme "al jabr", qui, traduit en latin par "algebra", a donné notre mot "algèbre".
 

Son nom latinisé est à l’origine du mot "algorithme" et le titre de l'un de ses ouvrages (Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison) est à l'origine du mot algèbre. L'utilisation des chiffres arabes et leur diffusion dans le Moyen-Orient et en Europe sont dues à un autre de ses livres nommé Traité du système de numération des Indiens qui a été diffusé via la langue arabe dans tout l'Empire abbasside.
 

Son Traité de Géographie est inspiré de celui de Ptolémée, enrichi par les rapports des marchands arabes en ce qui concerne le monde islamique. Il y donne la longitude et latitude de points remarquables du monde connu (villes, montagnes, îles, etc.) Il aurait aussi écrit une chronique historique de son époque, qui ne nous est connue que par les références qu'y font des historiens plus récents.

Ses "Tables astronomiques", reprises par l'astronome d'Espagne Maslama al-Mayriti, puis traduites vers 1126 par Adelard de Bath, sont une des trois sources arabes principales ayant servi à l'initiation des astronomes latins. Elles entrent pour une part dans la constitution des Tables de Tolède qui auront une grande influence sur l'astronomie européenne du XIIIe siècle.


Nous devons beaucoup à al-Khwarizmi, qui n'a pas sans doute en Europe la célébrité qu'il mérite. Nous lui devons rien moins que notre système décimal de numération.
 

De manière anecdotique, on doit aussi à Al-Khuwārizmī la tradition consistant à appeler l'inconnue d'une équation mathématique X. En effet, dans son ouvrage Al-ĵabr wa'l-muqābala, cité plus haut, il expose une méthode (un algorithme au sens propre) pour expliciter une inconnue, ou šay, littéralement « chose », dans une équation du premier degré, en utilisant des ĵabr, « soustractions » (ou « transpositions ») et des muqābala, « égalités » (ou confrontation de deux entités). Après plusieurs avatars, šay  (écrit xay en espagnol ancien) a fini par donner "X" !
 

Gérard Berry (Ancien élève de l’École polytechnique, ingénieur général du corps des Mines, membre de l’Académie des sciences) a déclaré qu'il ne faisait aucun doute qu'Al-Khuwārizmī était l'inventeur de l'informatique …

Mohammed ibn Musa al-Khwarizmi est décédé vers l’an 850 à Bagdad.